La Caisse Autonome de Retraite des Médecins de France (CARMF) est le régime de retraite et de prévoyance dédié aux professionnels de santé exerçant en libéral, qu’ils soient installés, en remplacement ou exerçant sous forme de société. C’est une adhésion obligatoire dès lors qu’une activité médicale est exercée en dehors du salariat ; elle suscite encore de nombreuses interrogations, notamment sur les modalités d’adhésion, les cotisations et les prestations de prévoyance associées.
Nous allons tenter de vous éclairer à travers cet article !
Qui cotise à la CARMF en 2025 ?
Tous les médecins exerçant une activité libérale, même à temps partiel.
Il est donc question des médecins installés en cabinet ainsi que ceux qui pratiquent sous statut de remplaçant, exerçant en secteur privé à l’hôpital, réalisant des expertises médicales ou encore intégrés à une société d’exercice libéral (SEL).
L’inscription doit être effectuée dans le mois qui suit le début de l’activité libérale, via un formulaire validé par le conseil départemental de l’Ordre des Médecins. L’obligation d’adhésion s’applique sur l’ensemble du territoire français, y compris les départements et régions d’outre-mer (DOM) ainsi que Monaco.
Les médecins remplaçants peuvent toutefois bénéficier de conditions particulières. En effet, une exonération du paiement des cotisations est possible si l’intéressé est exonéré de la contribution économique territoriale (CET) ou si les revenus issus de l’activité libérale restent inférieurs à un certain seuil. Par ailleurs, les médecins remplaçants non thésés bénéficiaient d’une exonération spécifique des cotisations CARMF, une mesure qui pourrait être reconduite selon les décisions ministérielles.
Concernant l’exercice en société (SELARL, SELAFA, SELAS, SELCA), le régime d’affiliation dépend du rôle du médecin au sein de la structure. Deux catégories sont automatiquement affiliées pour l’ensemble de leurs activités : le gérant majoritaire d’une SELARL et l’administrateur d’une SELAFA exerçant son activité professionnelle. Les autres médecins affiliés à une SEL cotisent uniquement pour leur activité médicale auprès de la CARMF, tandis que leur fonction de mandataire social relève du régime général.
Les changements de situation personnelle ou professionnelle doivent être signalés à la CARMF, sous peine d’erreurs dans le calcul des cotisations. Il est également possible d’opter pour une cotisation volontaire en cas de cessation d’activité libérale, sous certaines conditions.
Comment les cotisations sont-elles calculées ?
Le montant des cotisations à la CARMF repose sur plusieurs critères que sont les revenus professionnels, le type d’activité, ainsi que les options de retraite et de prévoyance. Il existe trois régimes principaux :
- Le régime de base : il fonctionne selon le même principe que celui des autres professions libérales affiliées à la Caisse nationale d’assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL). Les cotisations sont calculées en pourcentage des revenus professionnels, avec un plafond annuel ;
- Le régime complémentaire : il s’appuie sur un système de points acquis en fonction des cotisations versées. Plus la contribution est élevée, plus le nombre de points retraite accumulés est important ;
- Le régime invalidité-décès : il garantit une couverture en cas d’arrêt de travail prolongé, d’invalidité ou de décès, avec des prestations versées sous forme d’indemnités journalières ou de rente aux ayants droit.
Quid de la prévoyance ?
Le dispositif de prévoyance de la CARMF couvre plusieurs risques liés à l’exercice médical :
- L’assurance incapacité temporaire d’exercice : en cas d’arrêt de travail, des indemnités journalières sont versées après un délai de carence ;
- L’invalidité : si un médecin devient partiellement ou totalement invalide, une rente peut être attribuée selon le degré d’incapacité et les cotisations versées ;
- Le décès : une prestation est prévue pour soutenir les ayants-droits en cas de disparition du médecin ;
- Le conjoint collaborateur : une couverture est proposée aux conjoints exerçant une activité professionnelle au sein du cabinet ;
- Les aides sociales : un fonds d’action sociale permet d’octroyer des aides ponctuelles aux affiliés en difficulté, notamment en cas de maladie grave ou de situation financière précaire.
Ce volet prévoyance est essentiel, garantissant aux médecins et à leurs familles une certaine sécurité face aux aléas de la vie. Bien que perçues comme une contrainte financière, ces cotisations permettent de bénéficier d’une couverture complète tout au long de la carrière et même après le départ à la retraite.
En 2025, l’affiliation à la CARMF reste donc une obligation incontournable pour tous les médecins libéraux, avec des modalités d’adhésion et de cotisation encadrées strictement. Si certaines exonérations existent, elles restent limitées à des cas précis.
Nous conseillons donc à chaque praticien d’anticiper ses obligations afin d’éviter toute mauvaise surprise en matière de protection sociale et de retraite. Si besoin, nous nous tenons disponibles pour tout accompagnement relatif à la gestion de patrimoine.


